A la rencontre de #11 – Matz et Kanellos Cob – Ceux du Chambon

Matz est le scénariste de Ceux du Chambon, un roman graphique sur la seconde guerre mondiale, les justes et le rôle qu’ils ont joué pour sauver des familles entières. Kanellos Cob, le dessinateur a répondu également aux 2 dernières questions !

Vous écrivez sur un passé plus ou moins lointain, une histoire vraie, comment vous est venu l’idée de ce projet ?
L’idée m’est venue très simplement en discutant avec Étienne Weil, un jour, dans sa librairie. Il me parle de son enfance au Chambon, de la singularité de son expérience, pendant l’Occupation, de ces gens, de cette région, et je me suis dit qu’il y avait là matière à un récit original, un peu différent, sur cette période qui m’intéresse beaucoup mais qui a déjà été beaucoup traitée.

Quelle différence de travail, de méthode, d’implication pour vous entre un projet comme celui-ci et celui où vous racontez des fictions ? 
Quand on écrit de la fiction, il faut se documenter, quel que soit le sujet, ou presque. Mais pour un projet plus historique, il y a beaucoup plus de documentation, de vérifications, de recherches. Il y a davantage de choses à respecter, on ne peut pas faire n’importe quoi, ni ce qu’on veut, à partir du moment où on essaie d’avoir une approche historique un tant spot peu rigoureuse. Bien évidemment, on est obligé, pour les besoins du récit de parfois prendre quelques libertés, de faire quelques raccourcis, pour que la lecture reste attrayante, pour ne pas perdre le fil, pour ne pas faire des digressions qui pourraient être utiles mais qui seraient susceptibles de perdre un peu le lecteur. C’est donc un dosage différent, et c’est aussi prendre d’autres risques que dans la fiction. Mais c’est très intéressant, très enrichissant, très instructif. Et j’espère que cela le sera aussi pour les lecteurs.

Si ce n’est déjà fait, sur quelle autre période historique aimeriez-vous écrire ?
Je lis beaucoup de livres d’histoires, de biographies, j’ai déjà fait plusieurs albums « historiques » sur d’autres périodes, d’autres régions et d’autres personnages, comme Shandy qui est une fiction qui se déroule à l‘époque napoléonienne, ou les biographies de Julio Popper et Alexandre Jacob, les deux avec Léonard Chemineau. Il y a des époques et des régions moins « exploitées » que d’autres et j’aurais tendance à me tourner vers celles-là. Ceci dit, j’ai depuis toujours une grande passion pour l’Amérique précolombienne et pour toute l’époque des conquistadores. Je ne désespère pas d’un jour pouvoir faire quelque chose là-dessus.

Chaque début de semaine, nous posons #LaPetiteQuestionDuLundi à nos participants. La plus fameuse d’entre elles est la suivante : Avec quel personnage de la littérature voudriez-vous être coincé dans un ascenseur ? Et pourquoi ?
Matz : Quand vous dites personnage de la littérature, vous voulez dire personnage de fiction ou écrivain ? Si c’est personnage de fiction, je dirais Dulcinée du Toboso, pour des raisons évidentes. Si c’est un écrivain, alors je dirais Franz Kafka, pour pouvoir lui dire à quel point j’aime son oeuvre, à quel point elle est importante pour moi, et aussi parce que je suis sûr et certain qu’on pourrait avoir une conversation passionnante, et rigoler (parce que les gens colportent sans cesse des clichés sur Kafka en oubliant que c’est aussi quelqu’un de très drôle).

Kanellos : J’aimerais bien crois​er Sissy Hankshaw du roman Même les cow-girls ont du vague à l’âme écrit par Tom Robbins. Dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde, elle devient la plus grande auto-stoppeuse des États-Unis. Après qu’elle m’aura raconté ses aventures irréelles dans l’ascenseur, on se libérera et partira ensemble vers l’inconnu. Elle, avec ses longs pouces et moi avec mon grand nez ! On trouvera bien quelque chose d’utile à faire de cet ensemble.

Nous invitons chaque semaine les internautes à partager leur #MardiConseil. Quel est le meilleur conseil de lecture que vous avez reçu et/ou donné ?

M : Le meilleur conseil de lecture que j’ai reçu est Histoire de l’œil écrit par Georges Bataille et le meilleur conseil que j’ai donné est Mapuche écrit par Caryl Férey.

K : Le meilleur conseil que j’aie donné, c’est sans doute La Conscience de Zéno, de Svevo, et celui que j’ai reçu, cela pourrait bien être Le Partage des eaux, d’Alejo Carpentier.

Merci à tous les 2 d’avoir accepté de nous répondre ! Vous pouvez retrouvez Ceux du Chambon dans votre librairie depuis le 7 octobre !